Dans le monde du sport et de l’entreprise, on évoque les absents, les laborieux, les artisans et les artistes.
- Les « absents » sont les personnes qui vont s’effacer quand une situation deviendra difficile, trop importante.
- Les « laborieux » sont ceux pour lesquels l’activité est compliquée. Ils peuvent y mettre de la bonne volonté mais cela ne suffira pas à obtenir le résultat escompté.
- Les « artisans » exécutent la tâche qui leur a été confiée avec précision et application.
- Les « artistes » aiment prendre des initiatives, inventés. ils sont extrêmement doués, talentueux. Avec eux, le beau l’emporte sur la performance.
Nous pourrions en rester là mais le paragraphe ci-dessus n’aurait que peu d’intérêt.
Si les artistes et artisans donnent une véritable plus-value à l’entreprise ou à leur équipe sportive faut-il, pour autant, laisser de côté les deux autres « catégories » ?
S’intéresser aux craintes des « absents », déterminer avec eux ce qui leur permettrait de devenir artisan, en quoi les impliquer dans un projet faciliterait ce changement peut-être judicieux et formateur. Il serait, également, intéressant de modifier les tâches des « laborieux » afin de tirer parti de leur bonne volonté et de leur redonner confiance.
Comment transformer ces profils en leviers de performance collective ?
Dans une équipe sportive comme en entreprise, la performance ne dépend pas uniquement des meilleurs éléments, mais de la capacité du collectif à fonctionner ensemble malgré des niveaux de maturité, de confiance et de compétence différents.
Une erreur fréquente consiste à concentrer l’attention uniquement sur les « artistes » et les « artisans », en considérant les autres profils comme secondaires. Pourtant, une équipe réellement performante est celle qui sait faire évoluer chacun de ses membres au lieu de les écarter ou de les subir.
Les « absents » ne sont pas forcément désengagés par choix. Dans beaucoup de cas, ils ont déjà connu des situations d’échec, de pression excessive ou de manque de reconnaissance. Leur retrait est souvent une stratégie de protection. En leur donnant des rôles progressifs, clairs et sécurisants, il devient possible de réactiver leur engagement. Par exemple, en sport, cela peut passer par des objectifs simples et atteignables ; en entreprise, par des missions courtes avec un retour positif rapide.
Les « laborieux », eux, nécessitent surtout de la structuration. Leur volonté existe, mais elle n’est pas encore alignée avec les exigences du terrain. Pour ce type de profil, la clé est la simplification des tâches, la répétition, et surtout la valorisation des progrès, même minimes. Trop souvent, ces profils sont mis en difficulté en leur demandant d’atteindre directement un niveau de performance trop élevé, ce qui entraîne démotivation et perte de confiance.
Les « artisans » constituent le socle fiable du collectif. Ils assurent la continuité, la régularité et la stabilité. Mais même eux doivent être accompagnés pour éviter la routine ou la stagnation. Leur donner des responsabilités plus larges ou des rôles de transmission peut renforcer leur engagement et leur utilité dans le groupe.
Les « artistes », quant à eux, apportent l’imprévisibilité et la créativité. Cependant, leur liberté doit être canalisée dans un cadre clair pour éviter les déséquilibres collectifs. Lorsqu’ils sont bien intégrés, ils deviennent des catalyseurs de performance capables de faire basculer une situation.
L’enjeu global est donc de créer un environnement où chaque profil peut évoluer. Cela demande une lecture fine des individus, mais surtout une culture d’équipe orientée vers le développement plutôt que le jugement.
Apport de la préparation mentale dans la dynamique de progression
La préparation mentale joue un rôle central dans cette transformation. Elle permet de travailler sur les freins invisibles qui bloquent la progression : peur de mal faire, pression du regard des autres, manque de repères ou surcharge mentale.
Elle aide également à renforcer la capacité d’adaptation. Un individu n’est pas figé dans un profil : selon son contexte, son état émotionnel et son niveau de confiance, il peut évoluer rapidement. La préparation mentale permet justement de faciliter ces transitions.
Dans mon accompagnement, l’objectif est de créer des conditions favorables à cette évolution. Cela passe par la clarification des rôles, le renforcement de la confiance individuelle et la mise en place de routines mentales simples mais efficaces. L’idée n’est pas de transformer les personnes, mais de leur permettre d’exprimer leur potentiel réel dans un cadre adapté.